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Patrons toujours plus !!!!!!!!

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steed

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Patrons toujours plus !!!!!!!!

Message par steed le Dim 4 Sep - 8:52


1,9 milliard d’euros ! C’est le colossal montant des revenus du capital
que se sont partagé les patrons-actionnaires de notre classement. Là
encore, tous ne le méritent pas.


Engluée dans les méandres de l’affaire Woerth et dans ses règlements de
comptes familiaux, Liliane Bettencourt a sans doute passé une difficile
année 2010. Mais la riche héritière, qui possède 30,9% du capital de
L’Oréal, en gardera quand même un bon souvenir : 334,2 millions d’euros
de dividendes versés par son entreprise, un pactole en hausse de 20% par
rapport à 2009. Grâce à quoi la reine des cosmétiques arrive une fois
encore largement en tête de notre hit-parade annuel des actionnaires les
mieux rémunérés.



Mais ses poursuivants n’ont pas pour autant démérité. En moyenne, les
cinquante premiers actionnaires de France ont vu leurs coupons
s’arrondir de 12% par rapport à l’année précédente, de quoi faire pâlir
d’envie les salariés, qui ont dû se contenter de moins de 3%
d’augmentation. Pour certains patrons propriétaires, la hausse a été
bien plus substantielle encore. Bernard Arnault, qui détient 76,4% de la
holding Groupe Arnault (possédant LVMH via Dior), a vu par exemple ses
dividendes bondir de 27% en 2010, à 205 millions d’euros. Au total, les
gros bonnets de notre classement se sont partagé 1,9 milliard d’euros.

S’ils ont à ce point fait bombance, c’est que leurs entreprises ont
affiché de remarquables résultats. Essorés par la crise financière, les
profits de ces dernières ont rebondi en moyenne de 50% en 2010. La
hausse a été particulièrement impressionnante dans le luxe (+ 72% pour
LVMH), ou encore dans l’automobile : Peugeot, qui était tombé dans le
rouge en 2009, a recommencé à faire des étincelles (1,1 milliard d’euros
de bénéfices). Portées par ces performances, 70% des grandes sociétés
ont augmenté l’an dernier leur distribution de dividendes, parfois de
façon spectaculaire. Le maroquinier Hermès, par exemple, a fait exploser
ses transferts aux actionnaires de 43%, et le groupe Bolloré les a
carrément multipliés par plus de deux.



Pourtant, et quoi qu’en pensent les polémistes, la plupart des
entreprises sont quand même restées raisonnables : elles ont fait valser
les coupons beaucoup moins vite que les profits. Si bien que la part
des dividendes dans les bénéfices, qui avait culminé à 50% en 2009, est
retombée au niveau plus acceptable de 38%. En somme, nos patrons
propriétaires ont raflé une portion proportionnellement plus petite du
gâteau, mais, comme ce dernier était plus gros, ils s’en sont quand même
mis beaucoup plus dans les poches que l’année précédente. Excellente
martingale…

Leur festin est d’autant plus délectable que la rémunération des actions
jouit toujours d’une fiscalité extrêmement avantageuse. L’Etat laisse
en effet le choix à ses bénéficiaires de la réintégrer dans leurs
revenus après abattement de 40%, ou d’opter pour un prélèvement
libératoire à 31,3%. Ce cadeau est justifié par le fait que, avant de
distribuer des dividendes, les entreprises ont déjà acquitté l’impôt sur
les sociétés. En réalité, il sert surtout à ne pas faire fuir les
investisseurs. Pas étonnant, en tout cas, que les patrons actionnaires
préfèrent encaisser des coupons plutôt que des salaires et autres primes
surtaxées. Xavier Niel, le fondateur de Free, ne s’est versé par
exemple en 2010 qu’un salaire de 173 000 euros. Autant dire un
pourboire, comparé aux 14 millions d’euros de dividendes perçus pour les
63,9% qu’il détient dans Iliad, la maison mère de Free.



A noter que, le plus souvent, ces millions transitent par une cascade de
sociétés de participation. La famille Pinault, par exemple, perçoit ses
coupons de PPR – dont elle détient 40,7% – via sa holding Artémis. Ces
sociétés non cotées n’ayant de comptes à rendre à personne, il est très
difficile de connaître la part exacte des dividendes qui tombent
effectivement dans les poches des actionnaires. On en est réduit à
croire sur parole les – rares – patrons propriétaires qui acceptent de
lever un coin du voile sur leurs avoirs. Pierre Bellon, par exemple,
affirme que lui et sa famille perçoivent à peine 12% des 54,8 millions
d’euros versés par le groupe de restauration Sodexo à sa holding Bellon
SA.

Le reste servirait à rembourser la dette de 700 millions d’euros
contractée par la holding familiale. Idem chez le cimentier Vicat, dont
le président, Jacques Merceron-Vicat, et ses proches auraient consacré
38,8 des 40,8 millions engrangés à des remboursements d’emprunt. Plus
modeste encore, la famille Mérieux jure quant à elle ne pas se verser un
seul centime des revenus distribués par son groupe d’analyses
biologiques BioMérieux : ces 22,8 millions d’euros seraient pour
l’essentiel réinvestis. Reste que, même si les familles ne les
encaissent pas tout de suite, ces sommes plantureuses finissent toujours
par leur revenir.

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